vendredi 16 juillet 2010 à 17h30
  Massy (91)
Tango au jardin du luxembourg Découvrir activité organisée par un(e) ancien(ne)

Issus de la scène underground argentine, les 34 Puñaladas se sont imposés dans toute l'Amérique latine, rencontrant un succès à la fois commercial et critique. “34 coups de couteau”, c'est une nouvelle facette du tango, cinq musiciens trentenaires qui puisent dans la noirceur et l'ironie des années trente, entre coups de poing et déchirure nostalgique.
Une atmosphère plus sombre, plus crue, des paroles à la poésie oblique, pour raconter de façon contemporaine des histoires d'amour contrariées, des souffrances et collectives et privées. Romantisme et notes acerbes, cadences urbaines, silences et pauses, ce quintette, quasiment inconnu en France, propose ses propres compositions, qui réveillent la tradition du tango lunfardo, celui des filles perdues et des mauvais garçons.

Si, dès leur apparition, les “34 coups de couteau” ont touché l'Argentine en plein cœur, c'est qu'ils ont réussi à trouver un équilibre naturel entre passé et présent et à s'inscrire en toute cohérence entre le souffle du tango des origines et une Argentine sens dessus dessous.



Le groupe se forme en 1998, l'année de la grande crise économique et sociale qui flanque le pays à terre. Alors que Buenos Aires se voit confisquer sa planche à billets, partout se multiplient les drames et les combines, les pénuries, les grèves et les actions violentes. Le corralito, qui limite les retraits bancaires à 250 pesos par semaine, provoque la colère de la classe moyenne. En décembre 2001, une grève générale est suivie par une série de manifestations massives qui se terminent par des affrontements - on dénombre 28 morts.

En 2002, le quintette masculin sort un premier disque, Tangos carcelarios, ressuscitant un répertoire des années 1920 et 1930, et le servant avec une énergie régénérée par le rock et le punk. Histoires de prison, de drogue, de voleurs ; embrouilles, mauvaises femmes et guitares ombrageuses. Ils rappellent aussi qu'à l'origine, le tango, comme la vie, était une affaire d'hommes. En 1900, la population de Buenos Aires est masculine à 70 %. Les émigrés italiens, espagnols, allemands ou hongrois venus chercher la fortune, les marins, les marlous et les ouvriers dansent entre eux, le foulard au cou et le couteau à la ceinture, dans les bouges et les tripots du port, où seules quelques prostituées et autres filles perdues osent s'aventurer... Les 34 Puñaladas explorent aussi la tradition du lunfardo, cet argot porteño archaïque, qui mélange des mots italiens, polonais ou quechua, altère le sens des mots espagnols et possède son propre verlan, le vesre (pour “reves”, l'envers), qui fait du macho un “choma” et du café un “féca”. Avec leurs milongas tristes, les Puñaladas font mouche dès leur premier disque, qui obtient le prix très convoité de la Révélation tango décerné par le quotidien La Nación. En 2002, porté par le succès, le groupe prend une nouvelle ampleur, se produit dans les plus grandes salles de concert de Buenos Aires, et commence à gagner l'Amérique latine. Les deux disques suivants, Slang et Argot continuent de développer le lunfardo comme une force d'opposition politique et poétique. Les arrangements développent un son urbain et moderne, où les silences sont parfois aussi importants que les guitares.

En 2006, quelques changements dans le groupe amènent un virage logique : le quintette abandonne les reprises pour ses propres compositions, présentées dans un album qui, dès son titre, Bombay-Buenos Aires, ouvre de nouveaux horizons. Plus sophistiqué mais ne cédant rien en force, le groupe se permet des envolées en s'appuyant sur sa connaissance de la tradition guitaristique : une fugue ici, des harmonies étranges là, des ambiances obscures et profondes. Qu'on n'aille pas croire cependant que les “Coups de couteau” se sont adoucis. Leur formule et leur force restent les mêmes : cinq guitares et un chanteur.

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  Date limite d'inscription :vendredi 16 juillet 2010   Ouvert aux enfants : non
  Ouvert aux invités : non

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