Tours (37)
Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d'attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.
Critiques assez bonnes : à voir donc
Woody Allen sait-il encore raconter une histoire ?
La tragédie des grands artistes est d'avoir créé des oeuvres extraordinaires, puis, en vieillissant, de ne plus savoir atteindre à nouveau leur qualité.
Alors forcément, en comparant Wonder Wheel aux meilleurs films de Woody Allen, celui-ci semble pâlot. Son histoire paraît pauvre et n'intéresse pas vraiment. Son esthétisme est pompier : le film est très (trop ?) orange, et donc baigne dans un look « coucher de soleil » sirupeux quasi-permanent.
Mais Woody Allen reste un grand artiste et, malgré mes premières réticences, son film est bon : ce qui apparaît d'abord comme des défauts font son intérêt. Wonder Wheel n'est pas une fiction naturaliste, mais bien une fable, comme le narrateur (Justin Timberlake) l'annonce au tout début : tout ne sera que symboles, mélodrame, et personnages grandioses. D'où la faible caractérisation de ceux-ci, qui ne peut pas être considérée comme un problème : le film prend le parti de réduire ses personnages à des figures de contes (l'amoureux, l'ingénue, la belle-mère acariâtre...). La photographie s'inscrit alors dans la même perspective : certes le film est orange, mais il est exagérément orange. Tout comme il passe exagérément de l'orange au bleu. Les couleurs sont excessives, baroques : le film ne s'inscrit pas dans la réalité, il s'agit explicitement d'une histoire racontée par un narrateur grandiloquent. On retrouve alors ce qu'on aime chez Woody Allen : le goût pour les histoires romanesques (et pour le cinéma), le jeu de mise en abyme du récit, l'histoire qui raconte une histoire.
Mais le plus intéressant est le jeu permanent de contrepoints, d'oxymores à l'intérieur du récit. Les effets visuels et sonores sont parfois utilisés pour développer l'émotion de la scène ou d'un dialogue (c'est normal), mais ils sont plus étonnants lorsqu'ils sont en porte-à-faux. Une musique douce accompagne une scène de dispute ; le glauque de la relation entre Justin Timberlake et Kate Winslet est recouvert d'un vernis de romantisme (une lumière douce, un mouvement de caméra léger montrent joliment le fait que Justin Timberlake et Kate Winslet viennent de copuler un peu minablement sous le pont d'une promenade). Sous le mignon et le fantaisiste se cache le lugubre et le sinistre : sous l'apollinien, le dionysiaque.
Justement, Woody Allen vieillit : son angoisse existentielle s'est petit à petit transformée en cynisme doux... mais finalement sinistre. Je n'ai pas à critiquer ce virage, mais je le regrette tout de même. La fin du film est abrupte, cruelle et désespérée ; les personnages ne se révèlent pas, notamment Kate Winslet qui reste aigrie et dérangée. Tout espoir, toute beauté sont vains, et c'est dommage.
Séance à 19h30
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